Mar 312013
 

En temps de chômage, pour conserver les compétences dans l’entreprise, le « Collectif Roosevelt » propose le « Kurzarbeit » allemand (Proposition 05).
Groland a trouvé une autre solution.

Chacun décidera de la meilleure !

Parution Groland : 16/03/2013
Ici : http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid1787-c-groland.html?vid=834592
Plage : 6’20 – 8 ’33

Extrait :
«
Pour la 1ère fois un industriel, parti en Chine, a décidé de re-localiser sa production au Groland.
[… à 7’30] c’est pour embaucher des ouvrier horlogers et joillaier que la DRH de Grolex allait bizarrement rencontrer le plus de difficultés
Après avoir testé les 1200 anciens de chez Grolex un par un, ou plutôt les 800 qui n’étaient pas mort, il a vite dû se rendre à l’évidence : le savoir-faire ancestral grolexien était bien perdu à tout jamais !
Le PDG : « c’est incroyable ! En à peine 10 ans, ces gens ont tout oublié. C’est à se demander ce qu’ils ont foutu pendant tout ce temps. Je dois avouer qu’on a été très déçu de leur comportement ! »
Heureusement, grâce à l’imagination de ses dirigeants, cette belle histoire de relocalisation a pu connaître un dénouement heureux : en faisant venir 1200 ouvriers chinois de Shangaï. La firme allait pouvoir renaître dans son berceau natal.
Le PDG : « c’est toujours marqué ‘made in Groland’, mais c’est pas marqué par qui ! [Rires] »
Un bien bel exemple qui, espérons-le, saura convaincre d’autres industriels !
»

Proposition 5 du « Collectif Roosevelt » : « 5-Limiter au maximum les licenciements »

«
L’Allemagne a connu en 2009 une crise économique deux fois plus grave que notre pays. Pourtant, malgré un choc économique 2 fois plus fort, le chômage a augmenté 6 fois moins en Allemagne qu’en France 1.
Récession 2009 Evolution du chômage
Allemagne – 4,6 % + 220.000
France – 2,3 % + 1.200.000

Les syndicats allemands sont allés voir Angela Merkel pour exiger que le licenciement devienne un dernier recours et que la règle générale soit de garder le maximum de salarié(e)s, le maximum de compétences, dans l’entreprise en développant le Kurzarbeit.

Le Kurzarbeit ? Le principe est très simple : au lieu de licencier 20 % des effectifs, une entreprise qui voit baisser son chiffre d’affaires de 20 % va baisser son temps de travail de 20 % et garder tous les salariés. Le salaire baisse mais l’Etat maintient le revenu. Et cela revient moins cher de maintenir le revenu d’un salarié qui baisse son temps de travail que de financer un chômeur si l’on tient compte de tous les coûts induits et les pertes de rentrées fiscales et sociales.

Le 23 janvier 2011, le Ministère du travail allemand a rendu public un bilan assez complet du Kurzarbeit : il a concerné 1.500.000 salariés qui, en moyenne, ont baissé de 31 % leur temps de travail. Si l’on pense que le monde rentre dans une nouvelle récession ou dans une période de croissance très faible, il est vital pour notre cohésion sociale de tout faire pour limiter les licenciements en s’inspirant très vite et très fortement de ce qui a été fait en Allemagne depuis 2008. Cela va évidemment à l’encontre du « travailler plus » de Nicolas Sarkozy mais cela peut éviter des centaines de milliers de licenciements.
»
Source : http://www.roosevelt2012.fr/telecharger?fileid=45791264813-pr13-pdf

Ville chanceuse, berceau de l'entreprise "Grolex" relocalisée

Ville chanceuse, berceau de l’entreprise « Grolex » relocalisée

 Posted by at 9 h 59 min
Mar 252013
 

Simples extraits de l’émission « Parlons-en : La fin du modèle français ? » [LCP/ 24/03/2013]

Emission : http://www.lcp.fr/emissions/parlons-en/vod/145543-la-fin-du-modele-francais

Invités :
–  Michel Rocard, ancien premier ministre sous l’ère mitterrandienne
–  Laurence Parisot, présidente du Medef

Extraits :

[12’45 » Michel Rocard] :

«
N’oubliez pas que les 2 pays les plus endettés au monde sont l’Angleterre et les Etats-Unis.
Une philosophie monétaire – qui s’appelle le monétarisme – né avec Milton Friedman et honorée de 14 prix « nobels » a encouragé l’endettement partout.
La Grande Bretagne a eu une croissance de 10-12 % depuis l’an 2000, tout entier fondé sur l’augmentation de son endettement !
Aux Etats-Unis, juste avant la crise, la moitié de la consommation des ménages était financée par des gains boursiers ou par de l’endettement, faute d’une montée des payes. Puisque depuis 20 ans aux Etats-Unis, le salaire moyen est stagnant sinon en baisse légère.

Alors au milieu de tous ça, il y a le problème européen, où la création de l’euro a créée une contradiction particulière du côté de l’endettement public. C’est un sous-problème particulier
[…] L’endettement n’est pas fait que de la protection sociales. La France s’endette de 300 milliards d’euro de plus à peu près chaque année dont 200 sont émis parce qu’on n’est pas capable de rembourser en capital une très ancienne dette qui a 30 ou 40 ans. Les règles du jeu actuelles sont stupides au point qu’on le fait en empruntant sur les marchés financiers à 3%. C’est astronomique, herculéen, stupide et suicidaire. Et c’est vrai pour toute l’Europe.

[…] Quand des bêtises se cumulent très très longtemps, ça finit par des catastrophes. Nous sommes dans la période de catastrophe. Je plaide simplement sur l’endettement que le niveau de dette public – public – actuelle, est telle qu’on ne paiera pas. Et qu’il vaudrait mieux le savoir !

[…14’40 »] Et puis surtout, le raisonnement stupide qu’il y a derrière, c’est que les états n’ont qu’à se conduire comme des entreprises. Si ils font faillites, il faut qu’ils disparaissent. Une entrepise ça peut disparaître. Demander à la Grèce, d’arrêter la police, d’arrêter la justice, de fermer les écoles, de fermer les pompiers. Absurde ! C’est pas possible ! Et donc, aucun état ne peut se conduire comme une entreprise sur le plan […nu] devant le marché
Et par conséquent, il découle de ça qu’il est fou de vouloir créer les mêmes situations devant l’endettement éventuel des entreprises ou des états. Ce qui nous autorise à proclamer qu’il faut une décision public de financement à bas prix des états parce qu’ils sont des états et qu’on ne peut pas arrêter la police ou les services.
Et c’est là qu’on arrête l’aggravation de l’endettement des puissances publics pour les remettre un peu à l’aise. Il faut pendant ce temps là traiter les causes de l’augmentation de leurs dépenses, notamment sécurité sociale, retraite, etc… Mais là l’outil le plus commode, c’est la négociation.
»

 

[15’45 » Laurence Parisot]

[19’25 Michel Rocard] « Je regrette un peu ce titre maintenant : ‘Personne n’a plus le droit à l’erreur’
[…] Qu’est-ce que seraient ces mesures courageuses ? […]
– la protection contre une explosion financière mondiale possible. On a besoin de se protéger là-dedans, c’est impératif. Et il nous faut séparer les fonctions des banques de dépôt et des banques d’affaires et d’avoir le courage d’aller jusqu’au bout. […] Le projet de loi ne va pas jusqu’au bout parce que nos banques disent : nous les banques françaises, nous allons gérer un peu mieux et avec moins d’imprudence que beaucoup d’autres. Vous allez nous affaiblir. Très joli. C’est peut-être vrai d’ailleurs. Reste que ça ne nous protège pas contre l’explosion possible [coupure…]. Comme au niveau européen nous aurons du mal à nous mettre d’accord, je demande à la France d’être exemplaire pour entraîner le reste de l’Europe. Mais évidemment ce n’est efficace que si c’est mondial. Bien sûr.

– 2èment, les agences de notation devraient fournir une garantie de puissance public. Elles devraient être sous une observation public

– 3èment, la moitié de ces énormes liquidités mondiales, dont l’explosion nous menace, est dans des paradis fiscaux. Donc elle ne répond à aucune incitation collective. Il faut stériliser les paradis fiscaux. Ca fera perdre de l’argent à des tas de gens. Mais c’est de l’argent qui ne travaille pas dans l’économie. C’est l’autre mesure de précaution.

[21:10 question sur Chypre] […] « Chypre, micro-problème dans lequel une fois de plus, l’Europe est incapable de décider correctement du degré de solidarité qu’elle accepte.
En fait, ça souligne une crise de la façon de penser économique en Europe. Je disais il y a un instant qu’il faut traiter les états autrement que des entreprises. Et ne pas pousser à des massacres ou à des baisses de PNB [PIB?]. Chypre comme la Grèce vont devenir ingouvernables. On ne peut plus gagner une élection quand on a à mettre en place un programme d’abaissement du niveau de vie de chacun. Ce qui veut dire qu’il faut accepter qu’une dette soit non traitable et non remboursable. Il faut le reconnaître. Ca peut être le cas de Chypre. Mais – de toute façon tous le monde l’a bien compris – surtout Madame Merckel l’a dit au moins une fois : on a besoin de beaucoup plus de solidarité budgétaire à l’intérieur de toute l’Europe pour traiter toute menace sur l’euro, d’où qu’elle vienne. Même si c’est d’un tout petit pays et mal géré. Car elle concerne l’euro et il y a risque de contagion.»

[22’40 » Laurence Parisot très inquiète car]
« L’évolution est comparable à ce que nous avons connu dans les années 30. Une crise financière majeure : 1929-2008, qui déclenche une crise économique très lourde, très anxiogène et une incapacité du politique à faire face avec suffisamment d’efficacité et de capacité d’explication à l’égard des populations […] Il nous faut plus que jamais discuter et dialoguer et essayer de construire ensemble. A tous les niveaux : au niveau économique en France et au niveau européen entre les différents pays européens »

[24’30 » Michel Rocard]
« Le fait d’aller vers plus d’Europe ne dépend – et de loin – pas que de nous. Pour pouvoir aller plus loin, il faut que nous, français, nous nous rapprochions des façons de faire de tous les autres. Et notamment par la réformabilité de nos institutions (protection sociale, etc…) en découvrant le dialogue social chez nous. Il faut que nous rassurions plus les autres que nous le faisions. C’est la condition pour avancer vers plus d’Europe. Il y a une 2ème condition pour aller nettement vers l’Europe, c’est que les anglais s’en aillent. Car ils n’en veulent pas. Ils ont une autre vision du monde. Pour l’Angleterre depuis toujours l’unité du continent est une menace pour eux. Alors ils annoncent qu’ils vont faire un référendum, souhaitons leur bonne chance, mais il faut qu’ils nous laissent travailler. »

 Posted by at 21 h 10 min
Mar 092013
 

Résumé :

Probablement avez-vous entendu parlé des ONG « Peuples Solidaires », « Sherpa » et d’« Indecosa-CGT » qui ont porté plainte en France contre Samsung pour « non respect de ses règles solidaires » ?

BFM Chine Hebdo du 02/03/2013 a interviewé :

– Arnaud Faucon, secrétaire de Indecosa-CGT

– William Bourdon, président de Sherpa

Ce sujet fait parti de la lutte contre la délocalisation et rappelle l’entrée à l’OMC, les conventions sociales signées à l’OIT (Organisation Internationale du Travail), et la déclaration de Philadelphie.

 

Acteurs :

– ONG Peuples Solidaires (http://www.peuples-solidaires.org/)

– ONG Sherpa (http://www.asso-sherpa.org/)

– Indecosa-CGT

– Arnaud Faucon, secrétaire de Indecosa-CGT

– William Bourdon, président de Sherpa (http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Bourdon)

– Samsung

http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Samsung

 

BFM Chine Hebdo du 02/03 a interviewé :

– Arnaud Faucon, secrétaire de Indecosa-CGT

– William Bourdon, président de Sherpa

Plage d’écoute : 24’00 à 33’00

http://www.bfmtv.com/grille/bfmbusiness/podcast-radio/11330/

 

 Quelques larges extraits :

– « Travailleurs de moins de 16 ans, insécurité sanitaire, confinés dans les lieux d’habitation tout à fait scandaleux, équation pas très loin du travail forcé »

– « Nous sommes là aussi pour que la communication éthique [de Samsung en l’occurrence] ne soit pas une forme d’imposture »

– « Ces grands groupes travaillent un peu à la méthode Apple. Ils diffusent leurs informations et leurs marketing sous forme de show ».

– Parallèle avec Foxcon (Shenzen)

 

– le présentateur (Mathieu Jolivet, qui explique qu’il joue ici l’avocat du diable) : « Est-ce qu’il ne faut pas laisser un peu de temps à la Chine pour faire un peu de ménage dans ses usines ? »

– William Bourdon : « Il y a déjà beaucoup de temps qui a été laissé à la Chine. Elle a ratifiée toute une série de conventions internationales. Ca fait des décades qu’on assiste à cette croissance exponentielle qui à la fois ravie, charme et inquiète le monde entier. Vous pensez que les ouvriers chinois qui aujourd’hui subissent ce que vous venez de décrire accepteraient qu’on leur dise : ‘attendez un petit peu que le pouvoir politique ajuste sa politique publique, sa politique sociale » ?

Non ! Les Droits de l’Homme ça n’attend pas, le respect de la dignité ça n’attend pas ! Voilà !

Ou ça rime avec l’Universalité, ou on lui crache dessus !

Alors c’est vrai qu’il y a un relativisme culturel qui existe en Chine. C’est un des points de rencontre de discussions forts entre avec les dirigeants occidentaux parfois quand ils relaient plus ou moins avec sincérité et conviction la parole de la société civile.

Si on est pour l’universalisme, et je vais rendre ici hommage à quelqu’un qui en a été l’Apôtre et le champion, c’est à dire Stéphane Hessel. Stéphane Hessel disait : ‘l’Universalisme n’attend pas !’ On ne va pas ajuster, conditionner la bataille pour l’Universalité du droit à telle ou telle préparation psychologique, sociale, de tel ou tel pays !

Je voudrais rajouter une chose : les cours de bourse parfois dévissent parce que les épargnants ou les observateurs trouvent que les entreprises ont racontés des histoires sur les performances financières de l’entreprise. Eh bien, il y a un monde nouveau qui s’ouvre. Il y aura demain une réactivité des cours de bourse – pas simplement sur un accès d’optimisme ou un double-langage ou les performances réelles de l’entreprise, mais également sur les performances extra-financières : sociales, environnementales. Plus le lien sera fait entre les deux, plus peut-être le monde se portera mieux !

 

– le présentateur (Mathieu Jolivet) : [concernant la puissance de l’entreprise Samsung…] votre plainte, n’est-ce pas une piqûre de moustique pour Samsung ? »

– Arnaud Faucon  : c’est là que le consommateur entre pleinement dans sa fonction […] Il faut savoir que le Corée s’était engagée auprès de l’Europe pour respecter les valeurs fondamentales qu’on a décrit tout à l’heure. Pour l’instant le respect n’y est pas. C’était prévu pour 2011 !

 

– William Bourdon : il faut qu’aujourd’hui les règles du jeu à la chambre mondiale fasse que les entreprises qui soient vertueuses, qui soient les « mieux- disantes » sur le plan de la Responsabilité Sociale et Environnementale, qui font des efforts sincères – et il y en a – soient récompensées. Si non seulement elles ne sont pas récompensées mais qu’elles sont aussi sanctionnées par le fait qu’il y a des rivaux qui bénéficient de façon perverse d’un dumping par le bas, de façon sociale et environnemental, fera que le monde sera tiré vers la bas. Pour qu’il soit tiré par le haut, il faut que les entreprises vertueuses soient récompensées aujourd’hui face aux entreprises comme Samsung qui ne peuvent pas l’être !

 

Liens en vrac :

Présentation du podcast sur BFM ici : http://www.bfmtv.com/emission/chine-hebdo/

Quelques articles sur le sujet de la plainte : http://www.courrierinternational.com/depeche/newsmlmmd.89310f1b33d82bc83d13b02939f249a9.191.xml

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/26/samsung-attaque-en-justice-sur-les-conditions-de-travail-indignes-chez-ses-sous-traitants-chinois_1838865_3234.html

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/reuters-00503000-france-une-plainte-vise-les-engagements-de-samsung-en-chine-542270.php

http://www.france24.com/fr/20130226-plainte-france-contre-samsung-non-respect-regles-ethiques-0

 

 Posted by at 23 h 21 min