Août 252013
 
Comme d’autres « affaires » en cours (combien de temps ?), l’affaire Cahuzac est un point d’entrée pour comprendre le détournement fiscal de grande ampleur.
Après une longue démonstration avec Edwy Plenel, voilà la conclusion de Fabrice Arfi de Medipart dans les travaux en commission sur l’affaire Cahuzac à l’Assemblée Nationale, le 21/05/2013.

Le mensonge n’existe que s’il y a des gens pour l’écouter.
La question, c’est :
– comment [est-ce qu’] il a été accompagné par une partie du système médiatique ?
[…]
– Comment ce mensonge a été accompagné par une partie de l’administration et des pouvoirs publiques ?
On voit bien les conséquences que ça a eu : « la Suisse a blanchi Cahuzac ».
Le président de l’assemblée nationale qui dit : « Stop, nous avons la preuve qu’il n’y a pas eu de compte en Suisse ».
L’affaire a failli être enterré.

Le mensonge n’est rien.
La question est :
1- comment [est-ce qu’] il a été accompagné
2- comment cela est-il possible ? Comment dans notre pays moderne, il n’y a pas suffisamment de contre-pouvoir pour qu’un homme qui fraude le fisc depuis 20 ans devienne ministre du budget ?

Et comment une fois que c’est découvert, le mensonge peut-être « accompagné » ?
[…]
L’homme Cahuzac n’est pas la question.
Jean-François Kahn avait une expression qui a fait florès : « D’abord on lèche, ensuite on lâche, et puis on linche ! ».
C’est exactement ce qu’il se passe.
On nous dit : « c’est la faute d’un homme, ça n’est que sa faute ! ».
Mais les faits sont là :
– on nous dit à ma gauche que c’est la faute d’un homme,
– on nous dit à ma droite la création d’un super procureur contre la corruption, d’un office central de lutte contre la corruption, une lutte contre les paradis fiscaux et plus de transparence sur le patrimoine des élus !

Bien sûr que ça n’est pas la faute d’un homme.
Bien sûr que l’affaire Cahuzac est la partie visible d’un iceberg poisseux qui est celui de la corruption, de la lutte contre les paradis fiscaux, des montages offshore, qui n’est pas simplement la faute d’un homme.
Ce serait entretenir l’aveuglement et la responsabilité du monde politique sur ces affaires qu’on voudrait simplement faire passer pour des faits divers, spectaculaires et financiers parce qu’ils mettent des gens connus en cause.

Ca n’est pas la question : la question est celle d’un système !

Fabrice Arfi – Mediapart (plage : 2h38 – 2h40)
Travaux en commission : Auditions de Edwy PLENEL et Fabrice ARFI (Mediapart) – 21/05/2013

http://www.lcp.fr/emissions/travaux-en-commission/vod/146653-auditions-de-edwy-plenel-et-fabrice-arfi-mediapart

 Posted by at 8 h 25 min